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SAINTE UNITÉ DE TROIS

SAINTE UNITÉ DE TROIS

Informations :

Date : 1 sept. 1984
Auteur : Max Pinchard
Publication : MIEUX VIVRE A ROUEN, N° 26, spécial Tricentenaire de la Mort de Pierre Corneille

Contenu :

Le 4 novembre 1984, au Théâtre des Arts 

                                                       SAINTE UNITE DE TROIS

ORATORIO LYRIQUE DE MAX PINCHARD

pour soliste, chœur et orchestre, sur des traductions versifiées de psaumes par Pierre Corneille

…        N’est-il pas anachronique, à notre époque, d’élaborer un projet musical en s’appuyant sur des traductions versifiées de psaumes et d’hymnes traditionnels par Pierre Corneille, mort il y a trois siècles ?

              Je ne le pense pas, au contraire. En préparant  la trame dramatique de Sainte Unité de Trois, oratorio lyrique pour grand orchestre, soliste et chœur, j’ai été frappé par la densité, la force expressive des vers de Corneille. Sous la plume du poète, le contenu théologique des textes est magnifié, porté à la dureté de l’acier et Corneille trouve des accents d’une surprenante modernité, qui effacent le temps et rejoignent les préoccupations de l’homme d’aujourd’hui

                        « La tête cède au fer qui du corps la détache

                        L’Ame vole en triomphe au-dessus du soleil

                        Et l’on voit chaînes, fouets et meule et croix et hache… »

               Angoisse « baroque », interrogation de l’homme sur son destin, sur sa finalité. Découverte, enfin, d’une tendre espérance dans l’abandon à l’oraison. Dès lors, le chemin est tracé …

            Cette partition d’une heure n’est pas une expérimentation, mais un témoignage « lyrique » qui souhaite inviter le public à un partage et peut-être à une adhésion. Il y aura l’évocation parfois violente des terreurs qui nous assaillent, la peinture, surtout par la présence du chœur et de la soliste, de la solitude qui envahit le cœur de l’homme. Mais l’annonce de la Parole apportera une autre dimension. Une fois encore « c’est l’espérance qui est la plus forte ». C’est la vie qu’il faut défendre, c’est aussi l’abandon aux valeurs spirituelles, source de tendresse enfin délivrée et vécue au quotidien…

                       « Nous célébrons la nuit de la Cène dernière ».

 

                                                                                                                                                 Max Pinchard

 

 



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