Articles sur Max Pinchard

L'enthousiasme et la ferveur pour la messe Nelson et le Psaume de Consolation

L'enthousiasme et la ferveur pour la messe Nelson et le Psaume de Consolation

Informations :

Date : 5 avr. 1980
Auteur : Christian Goubault
Publication : Paris-Normandie

Contenu :

Samedi 5, dimanche 6 et lundi 7 avril 1980 : Paris Normandie 

Christian Goubault : L’enthousiasme et la ferveur pour la Messe « Nelson » et le Psaume de Consolation, salle des Etats de Normandie  (extraits)

La salle des Etats de Normandie, à l’archevêché de Rouen, s’est révélée trop petite, mardi dernier, pour accueillir une foule venue de tout le département. Ce concert spirituel, donné pendant la Semaine Sainte, dans la tradition des concerts spirituels qui existent en France depuis plusieurs siècles, était placé sous le double sigle  de la Maitrise Saint Evode et de l’Institut de musique sacrée  Jean Titelouze.

…En première partie, Max Pinchard dirigeait son « Grand Psaume de Consolation », pour soprano, baryton, chœurs et orchestre.  Par instants, il nous rappelait Béreau  par son art de soulever les masses, de  de se conduire en manieur d’hommes. Pinchard est une nature, une personnalité du monde de la musique, qui a su préserver sa simplicité naturelle et la puissance de sa foi en l’art. 

Max Pinchard, compositeur, est assez peu joué de ce côté de la Seine. Aussi attendait-on avec intérêt son  « <Psaume de Consolation » composé sur l’admirable poème de Gérard Murail, dont nous voudrions détacher ces trois vers superbes : « Je crois au corps qui ressuscite. Au sang qui court en nouveaux bonds aux formes vives et reconstruites sur la mort. »

L’œuvre fait alterner, dans une trame symphonique continue et dense, les soli et les chœurs. Parfois les airs de basses de détachent au-dessus des voix et de l’orchestre, comme l’a pratiqué Brahms. Ce sont des passages d’un réel souffle enrobés d’une harmonie subtile et d’une instrumentation opulente.

La partition s’assombrit et s’éclaire à mesure, suivant que le poème évoque la mort ou la vie, dans un échange continuel de sonorités. Max Pinchard aime l’expression ; il fait chanter les instruments, particulièrement les violoncelles et les bois. Les rythmes sont volontairement simples, animant intérieurement une déclamation souple et chaleureuse.

Le « Psaume »  séduit par ses qualités françaises. Les teintes debussystes que l’on peut y relever n’y sont pas de parti-pris. Elles marquent des affinités avec toute une tradition dont Debussy a cristallisé les aspirations. Se placer dans la continuité d’une telle filiation n’entame point la personnalité de Max Pinchard. Bien au contraire…. 



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