Articles sur Max Pinchard

Sharon Coste chante la mélodie "normande" .

Sharon Coste chante la mélodie "normande" .

Informations :

Date : 1 nov. 1992
Auteur : Christian Goubault, Photo B.P.
Publication : Paris-Normandie, Rouen

Contenu :

 

De velours et d’or

Sharon Coste chante la mélodie « normande ».

         L’initiative était vouée au succès : les responsables du C.I.N. ont eu l’heureuse  idée d’organiser un récital de mélodies françaises et normandes dans l’atrium de l’Hôtel de Bourgtheroulde   orné d’une rétrospective des peintures de Maurice Louvrier. Ce mariage des arts –peinture, poésie, musique-  était déjà  une incitation très forte, d’autant que le résultat extrêmement raffiné traduisait en fait les promesses qu’on en attendait. La présence et l’immense talent de la jeune soprano Sharon Coste parachevaient cette impression d’une révélation artistique exceptionnelle. Révélation de mélodies toutes admirables et de surcroît « normandes ». composées par trois musiciens originaires du Havre , ayant chacun leur propre et forte personnalité : André Caplet, Arthur Honegger et Max Pinchard.

            Avec ravissement, avec joie, le public découvrait en première audition « mondiale » deux des quatre lieder (le compositeur tient à ce titre) de Max Pinchard, « Puisque l’été fut d’oubli » sur des poèmes denses de Bruno Pinchard  et de Gérard Murail appelant la même densité  musicale  exigeant une grande et généreuse voix.  Qui pouvait prétendre connaître le délicieux  et bref  « Petit cours de morale » de Honegger ou encore les bouleversantes « Prières » de  André Caplet ? Qui pouvait prétendre que cet ensemble de musique « havraise »  qui occupait toute la seconde partie de ce concert serait étonnant de variété, de tenue, de valeur musicale. Avec une première partie constituée des mélodies classiques d’Albert Roussel et de Henri Duparc, cette soirée prouvait aussi que les récitals de ce genre passionnent le public  autant que le répertoire romantique et germanique habituel. Vive la mélodie française !

Les Prières de Caplet 

 

 Sharon Coste  et le pianiste Denis Poras furent les héros de cette soirée. Depuis sa conquête de la « Voix d’or  -Opéra »   et son prix de la Mélodie française, Sharon Coste montre qu’elle est une cantatrice complète, aussi douée pour la scène que pour les concerts en petit comité. Son récital de Jeudi dernier coïncidait avec la « sortie »  du disque André Caplet où Sharon Coste chante sa foi les fameuses « Prières ». Immédiatement, ce disque a été couvert de lauriers que la critique n’adresse en général qu’à des productions d’exception. Ce disque, avec le concours de l’ensemble « Musique oblique » répond à ce critère et nous aurons l’occasion d’en reparler…

                Sharon Coste est l’une des plus grandes voix actuelles, de velours et d’or, puissante, prenant son essor. Son intelligence musicale, sa sensibilité à la fois chaste et sensuelle, sont à la mesure de sa capacité vocale et de son timbre attachant. Très bien accompagnée par Denis Poras, qui trouve le ton juste, Sharon Coste termina le récital dans l’humour de la « Chanson de la Poire » , un humour qu’on n’attendait pas chez Arthur Honegger –où le verbe « boire » est accentué six fois avant la chute finale : « Et c’est tout » !

Christian Goubault

*André Caplet, 1C.D. « Harmonia mundi » HMC  90 1417. Sharon Coste sera Violetta dans la « Traviata » de Verdi, au Théâtre des Arts, les 5, 7,9 12, et 14 mars, dans la production du Staatstheater de Wiesbaden. 

Photo : Le Havre, B.P. 



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